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La perception des discriminations dans l’emploi (Défenseur des Droits)

Rédigé par ID CiTé le 02/12/2020



La perception des discriminations dans l’emploi (Défenseur des Droits)
Depuis plus de dix ans, le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT) réalisent annuellement une enquête sur la perception des discriminations dans l’emploi auprès d’un échantillon représentatif de la population active. Cette enquête a pour but de contribuer à améliorer l’état des savoirs sur les discriminations dans l’emploi et de mettre ce sujet au cœur du débat public.
Outre une vue d’ensemble des inégalités de traitement dans l’emploi, chaque année le baromètre s’efforce d’éclairer un aspect spécifique des discriminations au travail (apparence physique, harcèlement discriminatoire, discrimination syndicale, demandeurs d’emploi…).

La 13e édition du baromètre a donc pour objet non seulement de dresser un état des lieux des discriminations en France mais également de s’interroger sur trois enjeux spécifiques, peu explorés dans les éditions précédentes :

• Le continuum des attitudes hostiles au travail : à l’instar de la 11e édition, ce baromètre souhaite appréhender les attitudes hostiles au travail dans la multiplicité de leurs expressions : des préjugés et stéréotypes jusqu’aux discriminations, en passant par les propos et comportements stigmatisants, dévalorisants, constitutifs d’une situation de harcèlement.


• L’évolution des discriminations dans le temps : certains résultats obtenus lors de cette 13e édition sont comparés à ceux des versions précédentes, et notamment à la 7e édition du baromètre réalisée en 2013. En effet, le questionnaire et le protocole de collecte ont été construits à des fins de comparaison entre ces deux éditions, ce qui permet de retracer certaines évolutions de la perception des discriminations dans le temps.
• Les conséquences des discriminations sur les individus et leurs parcours : des questions nouvelles ont été introduites dans le questionnaire pour identifier les effets des discriminations sur les parcours professionnels et le bien-être des individus (répercussions psychologiques, santé, relations familiales et sociales, autocensure, etc.).


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PRINCIPAUX RESULTATS

Perception générale des discriminations
Plus d’un quart de la population active française considère que les individus sont souvent ou très souvent discriminés au cours de leur vie, quel que soit le critère envisagé. L’origine ou la couleur de peau est perçue comme le critère le plus discriminant, devant l’état de santé ou le handicap, l’apparence physique et l’âge.

Témoins de discriminations
42% des personnes actives ont déclaré avoir été témoins de discrimination(s) ou de harcèlement discriminatoire dans le cadre de leurs activités professionnelles. Depuis 2012, cette proportion a significativement augmenté (+8 points). Les personnes enquêtées déclarent en grande partie avoir été témoins de discriminations ou de harcèlement fondés sur l’apparence physique, le sexe et l’origine.

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Un continuum d’attitudes hostiles

Préjugés et stéréotypes
En 2020, les personnes actives en France déclarent être mal à l’aise avec des collègues transgenres (17% des répondants), issus de la communauté des gens du voyage (13%) ou atteints d’une maladie grave ou chronique (12%) et ce, quel que soit le secteur d’activité. Ces préjugés et stéréotypes s’expriment de façon identique lorsqu’il s’agit de supérieurs hiérarchiques.

La dévalorisation au travail
Près de 80% des personnes actives en France déclarent avoir déjà connu une situation de dévalorisation au cours de leur vie professionnelle et environ 13% déclarent avoir été victimes de l’ensemble des huit situations suivantes :
- dévalorisation injuste du travail ;
- sous-estimation des compétences ;
- attribution de tâches inutiles, ingrates ou dévalorisantes ;
- pression pour en faire plus ;
- volonté d’isoler, de "placardiser" ou de faire démissionner ;
- tentative d’humilier ou de ridiculiser ;
- empêchement d’exercer correctement son travail ou de s’exprimer ;
- sabotage du travail.


Propos ou comportements stigmatisants
41% des personnes actives en France déclarent avoir été victimes d’au moins un propos ou comportement sexiste, homophobe, raciste, lié à l’état de santé, au handicap, à la religion ou à d’autres caractéristiques personnelles au travail.

Discriminations et harcèlement discriminatoire
23% des personnes actives en France déclarent avoir été victimes de discrimination(s) ou de harcèlement discriminatoire dans l’emploi, sans différence significative selon le secteur d’activité. Les critères de discrimination les plus souvent évoqués sont l’apparence physique (40% des personnes ayant déclaré des discriminations ou du harcèlement discriminatoire), le sexe (40% d’entre elles) et l’état de santé (30% d’entre elles). En moyenne, la proportion de la population active déclarant avoir été discriminée dans l’emploi a légèrement diminué depuis 2013 (-7 points).

Des attitudes hostiles qui se cumulent
24% de la population active ayant rapporté une attitude hostile, déclarent avoir été confrontés cumulativement à des discriminations, des propos et comportements sexistes, racistes, homophobes, liés à la religion, handiphobes ou à l’état de santé et des formes de dévalorisation au travail.

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Des répercussions durables et délétères sur les individus et leurs parcours de vie

• Près de la moitié des personnes actives ayant déclaré avoir été victimes de discriminations ont connu des conséquences négatives sur leur emploi (46%). 19% ont été licenciées ou non renouvelées après les faits et 14% ont reçu un avertissement ou un blâme, ou bien ont été mutées contre leur gré.

• Près de la moitié (49%) évoquent un sentiment de fatigue, de tristesse, de déprime ou une dégradation de l’état de santé.

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Recours et leviers pour lutter contre les discriminations dans l’emploi

Recours Plus des trois quarts de la population active ayant été confrontée à une discrimination, déclarent avoir entrepris des démarches à la suite des faits. Parmi les personnes qui n’ont rien dit au moment des faits (23,5%), 68% évoquent la peur de représailles de la part des auteurs, 60% indiquent qu’elles ne savaient pas quoi faire et 56% pensent que cela n’aurait rien changé. Entre 2012 et 2020, la part des victimes de discriminations décidant d’entreprendre des démarches à la suite des faits a sensiblement augmenté (+19%).

Leviers
Les mesures de lutte contre les discriminations dans l’emploi suggérées aux enquêtés sont considérées comme susceptibles d’être efficaces par plus de 60% d’entre eux.

Défenseur des droits - 
Rapport complet
 




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