// ID CiTé
Veille juridique et professionnelle des Collectivités Territoriales







Environnement - Risques - Catastrophes naturelles

Responsabilité de la protection générale contre le risque d'inondation

Rédigé par ID CiTé le 15/03/2019



Responsabilité de la protection générale contre le risque d'inondation
Le législateur a confié à partir du 1er janvier 2018 la compétence GEMAPI aux EPCI à fiscalité propre, concentrant ainsi au niveau du bloc communal des compétences jusque-là morcelées. Ce dernier pourra ainsi concilier urbanisme (meilleure intégration du risque d'inondation dans les documents d'urbanisme), prévention des inondations (gestion des ouvrages de protection notamment) et gestion des milieux aquatiques (assurer l'écoulement des eaux et gérer les zones d'expansion des crues). Le législateur a aussi voulu faciliter l'organisation de la gouvernance de la GEMAPI par bassin versant, afin de mutualiser les moyens et de gérer les problématiques à la bonne échelle hydraulique, par la mise à disposition des intercommunalités d'une palette d'outils juridiques visant à la mise en place de syndicats mixtes spécialisés (EPAGE) et les EPTB pouvant agir soit par transfert de compétence, soit par délégation, que ces transferts et délégations soient partiels ou en totalité, au choix des élus.

La loi n° 2017-1838 du 30 décembre 2017 a permis aux départements et régions historiquement impliqués dans des missions relevant de la compétence GEMAPI de poursuivre leurs actions sans limite de temps, dans le cadre de conventions avec les EPCI à fiscalité propre concernés. 

Elle a également étendu aux régions, en complément des possibilités déjà offertes aux départements, de contribuer au financement des projets relatifs aux missions constitutives de la compétence GEMAPI. Elle a étendu à la GEMAPI le champ de l'assistance technique que les départements peuvent apporter aux intercommunalités. La réussite de la compétence GEMAPI, entrée en vigueur au 1er janvier 2018 et confiée aux EPCI à fiscalité propre, constitue une priorité du ministère de la transition écologique et solidaire qui permet notamment de pérenniser les ouvrages de prévention des inondations (en particulier les digues) au profit des territoires à forts enjeux qui sont les plus exposés à ce risque. 

L'État reste directement impliqué. Son action ne se limite pas à l'organisation de secours, en appui de l'action première des maires dans les situations de crise qu'il convient de saluer. Ainsi, à titre d'exemple, l'État assure un service de prévision des crues des principaux cours d'eau. Ce réseau surveillé s'accroît continuellement d'année en année. L'État élabore des cartes de zones inondables, il met également en place les Plans de Prévention des risques naturels, il contrôle la sécurité des ouvrages hydrauliques. 

S'agissant de la solidarité nationale, il convient de rappeler le dispositif de subvention, pouvant aller jusqu'à 40 %, sur le Fonds de prévention des risques naturels majeurs, des investissements des collectivités pour leurs ouvrages de prévention des inondations, dans le cadre des programmes d'action de prévention des inondations (PAPI). Par ailleurs, l'instauration de la compétence GEMAPI ne remet pas en cause les financements actuels alloués par les agences de l'eau.

Sénat - R.M. N° 03389 - 2019-03-07  







Les articles les plus lus des 7 derniers jours...